Open Currency :: by Olivier Maurel 29/06/2011 :: 19H00

Olivier Maurel will present a Workshop on Open Currency the 29 / 06 / 2011 @ CRI

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Nous avons connu au XXème siècle une triple vague de développement économique uniformisant : industrialisation, marché concurrentiel, concentration monétaire. En parallèle pourtant, des initiatives alternatives ont vu le jour. D’un point de vue monétaire, on recense ainsi près de 5000 monnaies locales complémentaires (source : Bernard Lietaer) qui, à l’échelle d’une communauté régionale, proposent d’autres manière d’échanger… de créer des richesses et de les redistribuer. Au Japon par exemple, le Fureai Kippu stimule l’entraide intergénérationnelle. En France, le SOL, les SEL ou les Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs sont d’autres modes possibles d’oiko nomia (racine d’économie, qui veut dire « art de gérer le lieu où l’on vit »). A l’heure de défis de société majeurs (réchauffement climatique, appauvrissement des sols, catastrophes industrielles, chômage, faillite de notre système des retraites), ces laboratoires vivants posent la question des limites du système dominant actuel dans sa capacité à mesurer et développer de vraies richesses (source : Patrick Viveret). Notre système monétaire fondé sur de l’argent dette (source : Paul Grignon) apparait comme un goulet d’étranglement pour construire une société du « mieux vivre ». Alors que des banques privées contrôlent la création monétaire, certains s’interrogent sur des mécaniques pour rendre ce pouvoir à la société civile (source : Philippe Derudder).

Est-ce que le digital pourrait accélérer la donne ? Alors que des monnaies virtuelles foisonnent, nous découvrons, à côté d’initiatives traditionnelles marchandes (Linden Dollar, Facebook Credits, BitCoins, Air Miles), de nouveaux spécimens… tournés vers des objectifs qui dépassent « l’avarice ». Twollar, Whuffie, Lemna… sont quelques exemples de monnaies de réputation, fondée sur la confiance. Le social graph et le mobile banking pourraient accélérer le prototypage de nouveaux instruments d’échange… stimulant, pourquoi pas aussi, des comportements altruistes. Alors que nous passons d’une économie des biens (physiques, tributaires de production carbone polluante) à une économie des liens (connaissance, service à la personne…), on peut en effet s’interroger sur la pertinence des règles d’un jeu à somme nulle, propre au capitalisme actuel.

Dans ce cadre, différents mouvement appellent à une transition d’un modèle mono-monnaie vers un modèle de constellation monétaire (sources : The Transitioner, Flow Place, Meta Currency, Open Money). Comme dans un biotope, la durabilité d’un écosystème repose à la fois sur l’efficacité et la diversité des espèces qui la composent. Dans la même veine, on peut se demander si, après le commerce et les medias, le concept de la longue traine ne pourrait pas bientôt s’appliquer aux monnaies : après avoir construit son site de e-commerce, son forum d’échanges d’information, que manque-t-il à une communauté pour reprendre la main sur sa propre monnaie, complémentaire aux « mass-moneys » et favorisant le développement de pratiques spécifiques à ses valeurs.

Nous reviendrons sur ces enjeux, partagerons des retours d’expériences et débâterons de l’importance de travailler sur des standards libres. GO FLOSS 🙂

En amuse bouche, 3 TED talks intéressants sur le sujet :
> les monnaies complémentaires :
http://www.lietaer.com/2010/01/tedxinberlin/
> après l’argent :
http://www.tedxparis.com/jean-francois-noubel-la-fin-de-largent
> la gamification du social graph : http://www.ted.com/talks/lang/eng/seth_priebatsch_the_game_layer_on_top_of_the_world.html